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Etonisme à Paris

Etona, l’art qui annonce la paix des esprits en Angola
 
 
Du jeudi 30 août au dimanche 3 septembre 2006, deux intellectuels angolais de premier plan, Patricio Batsikma et Tomàs Ana Etona, ont séjourné à Paris sur invitation de Pyramide Papyrus Presse, éditeur indépendant, pour une tournée de promotion et de vulgarisation internationale de l’étonisme, une philosophie artistique ayant pour objectif l’instauration d’une véritable culture de la paix en Angola.
Patricio Batsikama et Tomàs Ana Etona, philosophe et critique d’art et artiste peintre et sculpteur, initiateur de cette philosophie pratique artistique, ont assuré une prestation scientifique et culturelle de très haut niveau. Evidemment, ils venaient parlé au public parisien, notamment aux intellectuels du Monde noir et leurs amis Occidentaux, d’un objet qu’ils maîtrisent parfaitement. L’étonisme est devenu un mouvement artistique international attractif. Batsikama et Etona ont convaincu. Leur secret de leur succès repose en ce qu’ils croient en ce qu’ils disent. Dans un monde dominé par l’argent, où de nombreux pratiquent souvent l’art pour l’art, leur travail s’impose comme une voie de renouvellement de la création artistique. La nouveauté est, dans leur démarche, utilitaire et unitaire, le fait de lier l’art et à la culture de la paix. Toute renaissance de l’art témoigne, dans toute société qui a connu une certain déclin, l’amorce de la renaissance dans tous les autres domaines. L’art se compose de toutes les créations faites avec passion. La passion artistique se caractérise par sa capacité d’accroître l’humanité en l’homme. L’art, en effet, permet à l’homme de se projeter dans l’avenir, après avoir fait son auto-bilan.
 
L’étonisme est une bonne nouvelle
 
Que peut être une bonne nouvelle pour un peuple blessé par la guerre, si ce n’est passer une ère de ni guerre ni paix, - de silence des armes comme il vit actuellement - ; à celle de silence des esprits ? Que peut alors être véritablement ce silence d’esprits si ce n’est le règne de l’harmonie et de la quiétude ?
L’étonisme est une bonne nouvelle parce qu’il projette reconstruire la mentalité et l’identité angolaise ; restaurer l’harmonie entre Angolais, et entre Angolais et les Autres humains, les Autres peuples. Il est une sorte de projet de béatitudes car il donne au peuple une raison de vivre : Heureux ceux qui savent vivre en harmonie !
Un peuple n’existe réellement que lorsqu’il est heureux, lorsqu’il peut se célébrer et célébrer la vie par tous les arts (la parole, le chant et le danse, la peinture, la sculpture, l’architecture, etc.). Car célébrer, c’est exister, se rassurer, s’identifier, entrer en contact et le maintenir entre soi-même et Autrui . Célébrer, c’est renaître, puiser une certaine fierté de ce qu’on est et s’engager à le perpétuer. La célébration est un acte d’unité. On célèbre pour exalter la présence sacrée de l’Autre en soi. Un peuple, c’est un groupe social dans lequel chaque individu ne se sent profondément heureux que dans le bonheur de l’Autre. Où chacun se sent l’émanation du bonheur de l’Autre.
L’étonisme est une bonne nouvelle parce qu’elle est une philosophie d’engagement, par laquelle l’artiste s’investit le pouvoir de penser et d’agir afin que l’harmonie et le bonheur soit parmi son peuple. L’étonisme veut dire : Que la paix des esprits soit ! Il s’agit, bien sûr, d’une paix sans concession. Le fait qu’etona signifie en Kikongo preuve, marque, manifestation, etc… intègre la vision du monde qui fait de cette démarche une foi en l’Autre.
 
 
 
 
Célébrer le génie ancestral, célébrer sa renaissance
 
L’homme est homme, muntu, le pensant, parce qu’il a en lui une capacité propre à se penser génétiquement, c’est-à-dire de ne sentir être dans son lien avec ses ascendants. C’est sa projection dans le passé qui le force, en conséquence, à trouver les ressources nécessaires pour imaginer un avenir, un autre avenir, celui de bâtir un pays toujours plus beau qu’avant. La notion de beauté et donc de la pratique désintéressée du bien est intimement liée à l’activité artistique. En effet, l’art n’existe que parce que l’homme veut manifester sa bonté, sa beauté, telle qu’il le constate naturellement. Célébrer le génie ancestral, c’est créer des œuvres magistrales qui les honorent à travers le plein exercice des grandes valeurs qui sont l’amour de la beauté, de la bonté, de la solidarité et de la justice. Et l’étonisme est, en cela, en tant que mise en évidence de ces grandes valeurs ancestrales, une manifestation quotidienne de la sauvegarde de la vie. La nature est si belle que la vie étoniste se voudrait être une de ses principales manifestations.
Le cri de Batsikama et Etona est le même que celui que nous avons déjà lancé de toutes nos forces dans l’ouvrage : Angola, lève-toi et marche !1 Etonisme est une esthétique de la rupture en sens où l’artiste étonien est celui intime l’ordre à son peuple de sortir de son incapacité. Celui qui se révolte contre l’handicap dont souffre son peuple, l’handicap qui l’empêche de s’affirmer en tant que peuple : l’exclusion sous toutes ses formes, le manque d’harmonie. C’est donc un art du remembrement comme aimait le dire un autre intellectuel Makuzayi Massaki (1950 – 2003). Etona œuvre au remembrement de son peuple démembré, c’est-à-dire découpé en plusieurs parties, qui a cessé d’être une entité parfaite, qui est ainsi affaibli. Son œuvre est en cela une marche victorieuse sur l’adversité. Son art vient à point nommé pour parachever la libération de l’homme angolais. Anthropologiquement, l’étonisme s’impose à temps comme une œuvre de reconstruction de l’homme dans sa totalité de muntu, de pensant agissant et d’agissant pensant. Est homme, celui qui est conscient de sa nature et de sa mission sur terre. Est donc homme, celui qui est heureux en se nourrissant de son amour désintéressé pour l’Autre. C’est ce qui fait du muntu un pensant et acteur juste. Etonisme est une esthétique de la rupture en sens où l’ est celui intime l’ordre à son peuple de sortir de son incapacité. Celui qui se révolte contre l’handicap dont souffre son peuple, l’handicap qui l’empêche de s’affirmer en tant que peuple : l’exclusion sous toutes ses formes, le manque d’harmonie. C’est donc un art du  comme aimait le dire un autre intellectuel Makuzayi Massaki (1950 – 2003). Etona œuvre au remembrement de son peuple démembré, c’est-à-dire découpé en plusieurs parties, qui a cessé d’être une entité parfaite, qui est ainsi affaibli. Son œuvre est en cela une marche victorieuse sur l’adversité. Son art vient à point nommé pour parachever la libération de l’homme angolais. Anthropologiquement, l’ s’impose à temps comme une œuvre de reconstruction de l’homme dans sa totalité de , de pensant agissant et d’agissant pensant. Est homme, celui qui est conscient de sa nature et de sa mission sur terre. Est donc homme, celui qui est heureux en se nourrissant de son amour désintéressé pour l’Autre. C’est ce qui fait du un pensant et acteur juste.
 
Se projeter renouvelés dans l’avenir
 
C’est à travers des enrichissants échanges nourris par ces hautes valeurs humanistes que ces deux intellectuels ont livré leurs premières prestations avec le public parisien, qui l’attend pour bientôt. L’avenir est le temps qui vient, qu’il soit proche ou lointain. Un avenir n’est réellement un vrai avenir que dans la mesure où ceux qui l’attendent soient de transformés, des transfigurés, des hommes nouveaux…Et ont pu donner au public l’assurance que l’étonisme est devenir. Finalement, le seul regret est que le temps fut court pour exposer dans toute son étendue une conception philosophique d’une aussi grande ambition. Le message est passé. Batsikama et Etona ne sont plus seuls dans leur combat. Car avec la puissance anthropologique et philosophique de l’étonisme, l’Angola est en train de renaître, de l’intérieur et comme de l’extérieur. La prophétie de l’artiste Etona est en cours d’accomplissement : L’Angola s’est levée, et a commencé à marcher ! Même si cette prophétie s’accomplie dans une sorte d’anonymat. C’est tout à fait normal. Les grandes œuvres se développent, souvent, comme si elles sont déjà marquées par la lassitude.
 
Signalons, avant de clore ce bref article, que les deux intellectuels avaient aussi travaillé pendant leur séjour à la sortie d’un ouvrage intitulé L’étonisme, une esthétique de la rupture2, qui permettra à un plus large public de pénétrer cette philosophie de l’art et de l’intégrer non seulement dans leur culture individuelle, mais dans le patrimoine culturel de l’humanité. Pyramide Papyrus Presse a de sa part pris l’engagement de contribuer à la reconnaissance mondiale de cette démarche. L’appropriation d’une œuvre se mesure dans sa manière de transformer le public et d’engager sa responsabilité dans l’émergence de l’idéal porté par sa philosophie qu’elle sous-entend. C’est par une vulgarisation vigoureuse que l’étonisme qui est, comme l’ont souligné les deux hommes de culture, une pensée et une action sur l’homme, et pour l’homme, dépassera son cadre étroit de quête d’harmonie entre Angolais pour devenir un humanisme de dimension universelle., qui permettra à un plus large public de pénétrer cette philosophie de l’art et de l’intégrer non seulement dans leur culture individuelle, mais dans le patrimoine culturel de l’humanité. Pyramide Papyrus Presse a de sa part pris l’engagement de contribuer à la reconnaissance mondiale de cette démarche. L’appropriation d’une œuvre se mesure dans sa manière de transformer le public et d’engager sa responsabilité dans l’émergence de l’idéal porté par sa philosophie qu’elle sous-entend. C’est par une vulgarisation vigoureuse que l’ qui est, comme l’ont souligné les deux hommes de culture, une pensée et une action sur l’homme, et pour l’homme, dépassera son cadre étroit de quête d’harmonie entre Angolais pour devenir un humanisme de dimension universelle.
 
 
Mawete Maksisoila
Homme de culture
Chercheur - Consultant
Directeur de Pyramide Papyrus Presse
 
 
 


1 Mawete Makisosila, Angola, lève-toi et marche !, Pyramide Papyrus Presse, Paris, 2006 (sous presse).
2 Batsikama Patricio, L’étonisme, une esthétique de la rupture, Pyramide Papyrus Presse, Paris, 2006.
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